Golden retriever détendu, allongé sur l'herbe verte : un terrain où pollens et épillets peuvent faire éternuer un chien

Chien qui éternue : causes et quand consulter

Lorsqu'un chien éternue de temps en temps, il n'y a généralement pas lieu de s'inquiéter : comme nous, il expulse ainsi une poussière, un pollen ou une odeur qui irrite ses narines. En revanche, des éternuements répétés, violents ou accompagnés d'un écoulement nasal, d'un saignement de nez ou d'une fatigue inhabituelle justifient de consulter votre vétérinaire. Voici comment distinguer un simple réflexe d'un véritable signal d'alerte.

Pourquoi un chien éternue-t-il ?

L'éternuement est un réflexe de protection. Lorsque la muqueuse qui tapisse l'intérieur de la truffe et des cavités nasales est irritée, le chien expulse brusquement de l'air pour se débarrasser de ce qui le gêne. Son nez, qui renifle en permanence le sol et l'herbe, est particulièrement exposé.

Quelques éternuements isolés après avoir fouiné dans un massif sont donc normaux. Ce qui doit retenir votre attention, c'est plutôt la fréquence, l'intensité et les signes associés : un éternuement ponctuel n'a pas la même signification qu'une série qui dure plusieurs jours.

Les causes les plus fréquentes des éternuements chez le chien

Les irritants de l'environnement

Poussière, fumée de cigarette, parfums d'intérieur, bougies parfumées, produits ménagers, désodorisants ou litière parfumée : de nombreuses substances du quotidien peuvent irriter les voies nasales.

Les éternuements de jeu et de communication

Certains chiens éternuent lorsqu'ils sont excités, au moment de jouer ou de vous accueillir. Ces petits éternuements courts, sans aucun autre symptôme, font partie de leur langage corporel et n'ont rien d'inquiétant.

Un corps étranger dans le nez

C'est une cause fréquente, surtout de la fin du printemps à la fin de l'été : un épillet (épi de graminée sèche) peut s'introduire dans une narine pendant la promenade. Le chien éternue alors brutalement et de façon répétée, se frotte le museau avec la patte ou contre le sol, secoue la tête, et un léger saignement peut apparaître d'un seul côté. Un épillet peut progresser en profondeur : c'est une situation à faire examiner rapidement.

Les allergies

Comme chez l'humain, certains chiens réagissent aux pollens, aux acariens ou aux moisissures. Les éternuements peuvent alors s'accompagner d'un écoulement clair, de démangeaisons, d'un léchage des pattes ou de rougeurs. Chez le chien, les allergies se manifestent toutefois plus souvent au niveau de la peau qu'au niveau du nez : seul le vétérinaire peut faire la part des choses. Si les yeux sont aussi rouges et larmoyants, repérez les signes de conjonctivite chez le chien.

Les infections respiratoires

Les infections des voies respiratoires supérieures, comme la toux de chenil, peuvent provoquer éternuements, écoulement nasal, toux sèche ou fatigue. Elles se transmettent plus facilement là où les chiens se côtoient : pensions, clubs d'éducation, expositions, parcs à chiens.

Un problème dentaire

Les racines de certaines dents de la mâchoire supérieure sont très proches des cavités nasales. Une infection dentaire peut ainsi se manifester par des éternuements et un écoulement d'une seule narine, parfois associés à une mauvaise haleine ou à des difficultés pour mâcher.

D'autres causes plus rares

Parasites nasaux, infection fongique, polypes ou tumeur nasale (surtout chez le chien âgé) peuvent aussi entraîner des éternuements persistants, souvent avec écoulements ou saignements. Seuls des examens vétérinaires permettent de les identifier.

L'éternuement inversé : impressionnant mais souvent bénin

De nombreux propriétaires s'affolent la première fois qu'ils observent un éternuement inversé. Au lieu d'expulser l'air, le chien l'aspire bruyamment et de façon répétée par le nez, le cou tendu, avec un bruit de reniflement ou de ronflement qui peut faire penser à un étouffement. L'épisode dure généralement quelques secondes, puis le chien reprend son activité normalement.

Ce phénomène est fréquent chez les petits chiens et les races à museau court. Il peut être déclenché par l'excitation, une traction sur la laisse, le fait de boire ou de manger trop vite, ou encore un irritant. Pendant l'épisode :

  • gardez votre sang-froid et parlez doucement à votre chien ;
  • éloignez-le de la source d'irritation éventuelle (fumée, parfum, poussière) ;
  • si possible, filmez la scène : la vidéo sera très utile à votre vétérinaire.

Si les épisodes deviennent fréquents, durent plus longtemps ou si votre chien semble réellement en difficulté pour respirer, parlez-en à votre vétérinaire. Ne le confondez pas non plus avec un épisode de hoquet chez le chien, un autre réflexe le plus souvent bénin.

Les signes qui doivent vous alerter

Un éternuement occasionnel chez un chien en pleine forme est rarement préoccupant. Soyez en revanche attentif si vous observez :

  • des éternuements violents et répétés apparus brutalement, notamment après une promenade dans les herbes hautes ;
  • un écoulement nasal épais, jaunâtre ou verdâtre, ou un écoulement d'une seule narine ;
  • un saignement de nez, même léger ;
  • des éternuements qui persistent plus de quelques jours ou qui reviennent régulièrement ;
  • une toux, une respiration bruyante ou difficile, ou un halètement inhabituel et persistant ;
  • une baisse d'appétit, de la fatigue ou un abattement ;
  • un gonflement du museau ou sous l'œil, ou une sensibilité quand on touche la face ;
  • un chien qui se frotte sans cesse le nez ou secoue la tête.

Que faire quand votre chien éternue ?

Face à des éternuements isolés, une simple observation suffit le plus souvent. Quelques réflexes utiles :

  1. Observez le contexte : moment de la journée, pièce, activité, retour de promenade, contact avec d'autres chiens.
  2. Notez les symptômes associés : écoulement (couleur, d'un ou des deux côtés), saignement, toux, appétit, énergie.
  3. Limitez les irritants : aérez, évitez de fumer à l'intérieur, mettez de côté les parfums d'ambiance et les produits ménagers très odorants.
  4. N'essayez pas de retirer vous-même un corps étranger logé dans la narine : vous risqueriez de l'enfoncer davantage ou de blesser la muqueuse.
  5. Ne donnez aucun médicament humain : le paracétamol, l'ibuprofène et l'aspirine sont toxiques pour le chien, et les sprays nasaux décongestionnants ou les médicaments contre le rhume peuvent eux aussi être dangereux. Seul le vétérinaire peut prescrire un produit adapté.

Limiter les risques au quotidien

On ne peut pas empêcher un chien d'éternuer, et ce n'est d'ailleurs pas souhaitable : c'est un réflexe utile. Vous pouvez en revanche limiter les situations à risque :

  • Inspectez votre chien après chaque promenade en saison des épillets : truffe, oreilles, espaces entre les doigts, aisselles. Évitez les herbes hautes et sèches.
  • Gardez un intérieur sain : aération quotidienne, aspiration régulière, lavage fréquent du panier et des plaids, aucune fumée de tabac.
  • Prenez soin de ses dents : brossage régulier et contrôle lors des visites annuelles.
  • Faites le point sur ses vaccinations avec votre vétérinaire, notamment avant un séjour en pension ou des activités en groupe.
  • Soyez particulièrement vigilant avec les races à museau court (bouledogue, carlin, shih tzu…), dont les voies respiratoires sont plus étroites : un point à garder en tête avant d'adopter un nouvel animal.

Une alimentation équilibrée, adaptée à l'âge et au mode de vie de votre chien, contribue par ailleurs à son bien-être général. Veillez aussi à ce qu'il dispose toujours d'eau fraîche : une bonne hydratation compte notamment dans la prévention de la cystite chez le chien. Pour aller plus loin, découvrez comment soutenir l'immunité de votre chien.

Quand consulter le vétérinaire ?

Consultez rapidement, le jour même si possible, si votre chien :

  • éternue violemment et sans s'arrêter après une promenade, surtout s'il se frotte le museau ou saigne du nez (un épillet est possible) ;
  • présente un saignement de nez, quel qu'en soit l'aspect ;
  • respire difficilement, la bouche ouverte, ou semble manquer d'air ;
  • a les gencives pâles, grises ou bleutées, ou paraît très abattu.

En cas de difficulté respiratoire marquée, contactez immédiatement votre vétérinaire ou un service d'urgences vétérinaires.

Prenez rendez-vous dans les jours qui suivent si les éternuements durent plus de quelques jours, reviennent régulièrement, s'accompagnent d'un écoulement nasal coloré ou d'un seul côté, d'une toux ou d'une baisse d'appétit, ou si votre chien est un chiot, un chien âgé ou un animal déjà fragile. Apportez vos notes et vos vidéos : elles faciliteront l'examen.

Foire aux questions

Est-ce grave si mon chien éternue beaucoup ?

Pas forcément : une série d'éternuements après avoir reniflé de la poussière est courante. En revanche, s'ils durent plusieurs jours ou s'accompagnent d'écoulement, de saignement ou de fatigue, parlez-en à votre vétérinaire.

Mon chien éternue après la promenade : est-ce un épillet ?

C'est possible, surtout en été, si les éternuements sont soudains, violents et répétés, avec un frottement du museau. Seul un examen vétérinaire permet de le confirmer et de retirer l'épillet en toute sécurité.

Que faire si mon chien éternue du sang ?

Un saignement de nez chez le chien n'est jamais anodin. Gardez votre chien au repos, n'introduisez rien dans sa narine et contactez votre vétérinaire sans attendre.

Puis-je donner un médicament contre le rhume à mon chien ?

Non. Les médicaments humains, y compris les sprays nasaux, le paracétamol, l'ibuprofène ou l'aspirine, peuvent être toxiques pour le chien. Ne lui donnez rien sans l'avis de votre vétérinaire.

Disclaimer

Les informations présentées dans cet article sont données à titre informatif et éducatif. Elles ne constituent pas un avis vétérinaire et ne remplacent pas une consultation professionnelle. En cas de doute sur la santé de votre chien, consultez votre vétérinaire.